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10 novembre Long week end !Je profite de mon long week end pour vous saluer et mettre à jour mon espace ! Le week end d' avant j' étais à liège où j' avais passé une semaine de congé... Comme ce week end, rien ne s' est déroulé comme prévu, j' ai eu le temps d' écrire une nouvelle histoire enfantine que je vous mets ci dessous ! J' espère que vous prendrez plaisir à la lire. Bonne journée à tous ! Henry, le petit cow-boy
Juillet 1857 dans un coin perdu au milieu du Colorado, Henry vient d’avoir 10 ans, ce petit bonhomme est curieux de tout et c’est un très bon vivant. Ses parents vivent à l’extérieur de la ville de Montrose, dans une petite fermette.
C’était les vacances d’été, après les corvées qu’il devait accomplir à la ferme, Henry partait courir la campagne quand il ne bricolait pas dans l’atelier de son père. Très mature pour son âge, il avait une imagination débordante et il fabriquait un tas de choses qui ahurissait souvent sa famille. Il inventait des ustensiles qui facilitaient la vie de sa mère et parfois celle de son père. Mais ce soir, notre bon Henry avait une petite idée derrière la tête. Il attendit que tout soit calme dans la maison, il sortit du lit encore tout habillé et passa par la fenêtre de sa chambre qui donnait au dessus de la réserve de bois. Il n’eut qu’à se laisser glisser, le toit de la cahute étant en pente. Il avait pris soin quelques heures auparavant, de préparer et de cacher une lanterne pour se repérer sur le chemin menant à la ville de Montrose située en bas d’une montagne entre « Black canyon et Uncompahgre valley ». A son âge, il ne se souciait pas de savoir s’il y avait du danger de se promener si tardivement la nuit. - Les indiens, à cette heure, pensa-t-il, étaient couchés. Henry mit une petite heure pour arriver à l’entrée de la ville. Là, il dissimula la suspension, après l’avoir éteinte, sous des buissons. Il y avait peu de monde à cette heure là dans la rue principale, juste quelques ivrognes qui chantaient à tue-tête et qui se prenaient sur la tronche un broc d’eau froide des villageois en colères qui voulaient dormir un peu. Mais notre jeune ami n’était pas là pour ça, il avait repéré quelques jours plus tôt une ouverture sur le côté du saloon qui donnait accès à l’estrade des chanteuses et danseuses qu’il avait vu répété leur numéro. Elles se produisaient tous les soirs et terminaient tard la nuit. Henry ne comprenait pas pourquoi elles ne faisaient pas de spectacle en journée et quand il en parla à sa maman, celle-ci lui répondit affolée que ce n’était pas des créatures fréquentables et surtout qu’il ne fallait pas s’en approcher. Du coup, il demanda à son père, celui-ci lui répondit que lui non plus ne comprenait pas, mais que c’était ainsi et qu’il n’avait pas de temps à perdre avec ce genre de sornettes. - J’ai bien trop à faire à la ferme pour me soucier de danseuses dévergondées, rajouta-t-il. Mais plutôt que de décourager notre Henry, cela lui renforça l’idée qu’il devait en savoir plus sur ces femmes d’un autre monde. Voilà donc pourquoi notre petit bonhomme était sorti en cachette cette nuit là. Il ne prit pas la rue principal mais passa derrière les maisons pour que personne le vit, jusqu’à ce qu’il arrive au saloon. Il se faufila par l’ouverture et entra. Il se dissimula dans un coin d’où il pouvait apercevoir la scène où les danseuses qui s’agitaient au son du piano et des proclamations des clients dans la salle. Une terrible odeur parvint aux narines de l’enfant, un mélange de tabac, de sueurs et de parfum bon marché. Henry eut un haut le cœur et faillit vomir, mais il s’habitua vite à cela, ne voulant pas perdre une miette de ce qu’il apercevait. Ce gamin déjà grand pour son âge, aux cheveux châtains et aux yeux couleur bleue du ciel, était émerveillé par ce qu’il voyait. Les costumes des danseuses étaient pleins de couleurs vivent, elles avaient pleins de jupons blancs sous leur jupe et elles avaient des décolletés à faire saliver le plus vieux des hommes. Henry était subjugué et ne bougeait pas d’un pouce. Entre deux chansons ou danses, elles allaient voir les spectateurs avec de grands sourires, quelque fois, elles s’asseyaient même sur leurs genoux et certains hommes déposaient des billets dans le creux de leurs seins. Il vit même certaines de ces femmes monter à l’étage avec des clients. Henry comprit pourquoi sa mère avait dit que c’était des femmes peu fréquentables. Déçu par cette découverte et aussi parce qu’il commençait à fatiguer, il repartit par où il était venu. Puis il alla vite fait récupérer sa lanterne quand il aperçut la charrette de la ferme voisine de la sienne. C’était Angus qui livrait l’épicerie de Montrose en légumes frais. L’arrière de la carriole était ouvert, cela donna une nouvelle idée à notre Henry. Il profita que le fermier se faisait payer par l’épicier pour grimper et se glisser sous une toile dans le chariot. - Comme ça, je mettrai moins de temps pour renter à la maison, pensa le gamin. Quand Angus eut fermé les loquets à l’arrière de la charrette et qu’Henry sentit celle-ci avancer, il souffla un bon coup et s’appuya sur l’abattant arrière du fardier. Le garçon se dit que dans une demi-heure, il serait bien au chaud dans son lit et que la prochaine fois, il réfléchira un peu plus à ce que lui disent ses parents avant de se lancer dans une telle aventure. Soudain, alors qu’il était perdu dans ses réflexions, Henry sentit son corps aspirer vers l’extérieur de la carriole, les loquets avaient été mal fermés et le vantail s’était ouvert sous le poids du gamin. Voici donc le garçonnet accroché par une manche de son pull à un clou qui dépasse du battant et se faisant traîner sur la route. Ses genoux lui faisaient mal, ils cognaient sur le chemin chaotique. Il aurait bien voulu crier après Angus, mais sa fierté l’en empêcha. Il essaya tant bien que mal de remonter dans la charrette, mais il n’y arrivait pas, puis le pull céda sous son poids et notre pauvre Henry se retrouva allonger de tout son long, face contre terre au bout milieu de la route. Il resta ainsi un petit moment, reprenant son souffle, puis il s’assit toujours au milieu de la voie. Ses articulations le faisaient souffrir. Il entendit le bruit d’un ruisseau pas très loin et dans son malheur, il eut de la chance, car le ciel était sans nuage et la demie la lune éclairait bien cette nuit. Avec beaucoup d’effort il se mit debout tout en grimaçant et se dirigea vers la source. Il rentra dans l’eau jusqu’au dessus des genoux, c’est à cet instant qu’il s’aperçu que ses souliers et son pantalon étaient fichus et qu’il aurait droit à une bonne engueulade et en plus une fessée, de la part de ses parents. Il nettoya ses blessures à l’eau fraîche, puis lentement, il reprit le chemin de la maison éclairé par la lune. Il pensait mettre des heures pour rentrer alors qu’il n’était qu’à vingt minutes de là. Il eut un soupir de soulagement lorsqu’il vit enfin la maisonnée. Malheureusement, Henry se demandait comment il allait pouvoir pénétrer à l’intérieur sans faire trop de bruit, car il était exclu pour lui de rentrer par où il était sorti. Par chance, sa mère ou son père avait oublié de remettre à l’intérieur le système d’ouverture que le gamin avait inventé pour que ça maman puisse ouvrir la porte même avec les bras encombrés. Il suffisait de tirer une ficelle qui soulevait le loquet à l’intérieur. Généralement, la cordelette était retirée le soir, pour éviter les intrusions indésirables. Mais cette nuit là, tout était en place. Précautionneusement, l’enfant hissa la targette s’aidant du cordon, puis entra sans bruit. Une fois la porte refermée derrière lui, Henry voulut se diriger vers l’escalier qui menait à sa chambre, mais il chuta contre un seau mit au beau milieu du passage, ce qui fit un vacarme pas possible. Le gamin grimaça de douleur et de désespoir, car le bruit réveilla ses parents qui dormaient dans la pièce voisine. Marcial, son père fit son apparition pieds nus, les cheveux hirsutes et en longue chemise à pan, tenant une lanterne d’une main et un fusil dans l’autre. Le paternel, homme mince aux cheveux bruns, de plus trentaine d’années, fut sidéré de voir son fils à cet endroit et surtout dans un état si lamentable. - Mais qu’est ce que tu fous là et t’as vu ta dégaine ? Lança son père. Ce fut le tour de Maryann, la mère du gamin, de venir dans le séjour, elle était chaussé de sandales tressées, ses court cheveux noirs étaient cachés sous une charlotte fleurie, d’une chemise de nuit assortie et par-dessus un vieux châle beige qu’elle ne quittait jamais. Quand elle vit l’allure de son fils, elle poussa un cri d’effroi. - Oh mon dieu ! Et elle courut vers lui, pour voir s’il n’avait rien de cassé, le conduisit à la cuisine pour le laver un peu et regarder à ses blessures. - Mais qu’est ce qui t’est arrivé ? S’écria-t-elle, tout est déchiré, tes chaussures sont bonnes à être jetés. - Oui, racontes nous Henry, ce qui t’a mis dans cet état et pourquoi tu étais dehors à cette heure-ci, grommela le père. - Ben euhhhhhhhhhh, répliqua le gamin, j’ai voulu aller les voir les femmes du saloon, pour les regarder danser. - Mais tu es fou, rétorqua Maryann, ce n’est pas de ton âge, qui t’a fait rentrer dans le cabaret ? - Personne, M’an, il y avait un trou sur le côté du bar et j’suis passé par là, avoua le garçon. - Et c’est ce trou qui t’a déchiré ton pantalon et percé tes chaussures ? Questionna Marcial. - Euh, ça c’est au retour quand je suis monté sans me faire voir, dans le chariot d’Angus qui livrait l’épicier. J’étais appuyé sur le battant et les loquets se sont défaits, me suis fait traîner par la charrette, mon pull s’était accroché à un clou qui dépassait. Expliqua l’enfant se tordant les mains en pensant à la punition qui allait se prendre. - On aura tout vu, ta mère et moi avec toi, tu n’arrêteras donc jamais les conneries. Persifla son paternel. - Je crois qu’il s’est puni lui-même, tu ne trouves pas, intervint Maryann tout en soignant les genoux d’Henry. - Oui, c’est ça, protèges le encore et demain, il recommencera, répondit le père. - Mais, non, il aura une punition, mais pour ce soir, tout le monde est fatigué, on verra ça demain matin. Riposta la maman, au fait Henry, comment es-tu rentré ? - La ficelle était restée à l’extérieur, j’ai pu ouvrir comme ça, s’il n’y avait pas eu le seau au milieu de l’allée, vous n’auriez rien vu ce soir… Rétorqua le gamin. - Ben encore heureux que je mets ce seau là, c’est au cas où il y aurait des intrus, on ne sait jamais avec les indiens, renchérit Marcial. Et au moins, tu n’es pas passé au travers du filet. Je vais t’apprendre, moi, à filer en douce. Puis las de tout ça, l’homme tourna les talons et repartit dans sa chambre. - Tu exagères Henry, on avait pourtant discuté de ça l’autre jour, mais tu as quand même voulu voir. Voilà, ce qui arrive quand on est trop curieux, mon p’tit bonhomme. Il y a toujours des conséquences à la fin. Dit sa maman. - Pardon M’an, je sais, c’est mal, mais c’est plus fort que moi, il fallait que je sache ce qu’il en était de ces dames. En plus j’ai été très déçu par ce que j’ai vu. J’suis plus prêt de recommencer, promit l’enfant. - Je l’espère bien, mais de toute façon, tu n’échapperas pas à la punition de ton père, tu le sais ça, n’est-ce pas ? interrogea la mère tout en ramassant le pantalon et les chaussures qu’elle mit à la poubelle. Je ne peux même pas faire réparer tes godillots, ils sont trop abimés - Oui, je sais, confessa le gosse. - Aller, vas au lit maintenant, demain tu auras une rude journée, non seulement, tu auras mal partout et ton père ne va pas te lâcher d’une semelle. Rétorqua la mère tout en faisant un baiser sur le front de son fils.
Tout penaud et après avoir jeté un dernier regard noir à ce maudit seau qui le trahit, Henry monta les escaliers menant à sa chambre et après avoir enfilé sa chemise à long pan, se coucha. Ses genoux le faisant toujours souffrir, le garçonnet avait du mal à trouver le sommeil. Il se remémora la nuit et réfléchit à ce que son père avait dit au sujet des indiens. - Pourquoi s’en méfiait-t-il autant ? Songea l’enfant, ceux sont des hommes des hommes comme nous après tout. - Il va falloir que je tire ça au clair, continua-t-il. Et sur ce, notre petit aventurier s’endormit, rêvant déjà à ses prochaines expéditions… |
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